Angers. Le CHU envisage l'été plus sereinement

La direction du CHU d'Angers annonce des fermetures de lits moins nombreuses cet été que l'année dernière, et se satisfait des embauches supplémentaires de personnel. Mais s'attend malgré tout à un afflux de patients, dû notamment aux fermetures d'autres services d'urgence sur le territoire.

8 juillet 2024 à 16h46 par Marie Chevillard

Photo d'illustration
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Crédit : CHU Angers

En ce début d'été, la direction du CHU d'Angers se veut rassurante. Les fermetures de lits, dues à la baisse de personnel médical et paramédical pendant les grandes vacances, seront moins importantes que l'été dernier. "463 lits vont rester ouverts en médecine générale (sans compter la pédiatrie), contre 443 l'an dernier, ce qui représente 82 ou 83 % de nos capacités habituelles", précise Arnaud Pouillart, directeur général adjoint du CHU d’Angers. Parmi ces fermetures, aucune n'aura lieu en SMR (Soins Médicaux et de Réadaptation) - Rééducation, l'un des services sensibles de l'hôpital angevin.

Une embellie permise par quelques embauches supplémentaires, soit "82 infirmiers, au lieu de 81 en 2023 ; et 120 aide-soignants au lieu de 118, détaille Arnaud Pouillart. Nous avons aussi augmenté le nombre de semaines de présence de ces personnels de remplacement, donc notre couverture des absences pour congés cette année sera meilleure que l'an passé"Certains soignants passeront à un planning de 12 heures par jour, ce qui permet également de "maintenir des capacités d'ouverture" : c'est le cas dans les services de gériatrie, de soins de longue durée et de neurochirurgie.

 

Des infirmiers en renfort aux urgences 

 

Du côté des urgences, le nombre de passages retrouve son niveau de 2019, soit 160 adultes et 85 enfants par jour, avec "un taux d'hospitalisation un peu plus élevé", souligne Dominique Savary, chef du service des urgences. Signe selon lui que la consigne "d'appeler le 15 avant de se déplacer aux urgences est bien comprise par les patients".

Un mot d'ordre d'autant plus valable en période estivale, alors que la clinique de l'Anjou à Angers va fermer son service des urgences du 12 au 26 juillet et du 14 au 28 août. "Sur ces périodes-là, on a réussi à renforcer l'effectif médical et paramédical, en ajoutant des infirmiers pour pouvoir assurer en particulier ces nuits-là et faire face à l'afflux de patients." Des réunions de crise devraient être organisées toutes les semaines, pour absorber une possible hausse due aux fermetures des services dans les départements limotrophes, en Mayenne et en Sarthe notamment.

Si les recrutements ont été plus nombreux cet été, le CHU avait déjà créé 30 postes d'infirmiers en janvier 2023 : malgré tout, il en reste encore une trentaine vacants. "Mais ce n'est plus le cas pour les aide-soignants, se réjouit Arnaud Pouillart. Nous espérons n'avoir plus aucun poste vacant à long terme d'ici fin 2024".

 

La crise en psychiatrie "devient chronique"

 

Un point noir demeure : la situation en psychiatrie, qui nous "inquiète dans l'hémi-région Est des Pays de la Loire, situe Christophe Verny, président de la Commission médicale d’établissement. Il manque des lits d'hospitalisation, notamment à Cholet et Saumur : c'est une situation de crise qui se 'chronicise'."

Lancée en mars dernier, la nouvelle Unité psychiatrique Sarthe Anjou Mayenne (UPSAM) et ses 12 lits ont déjà permis d'accueillir 174 patients. "Nous n'avons pas de problèmes de recrutement de psychiatres au CHU d'Angers, mais les 12 lits ouverts ne pallient pas la centaine qui ont fermé dans la région", conclut Christophe Verny.