Maine et Loire

Angers. Procès triple meurtre : « Il sait très bien ce qu'il a fait », le père d'une des victimes ne s'attend pas à en apprendre davantage de la part de l'accusé

Ce vendredi, le procès du triple meurtre sur l'esplanade Coeur de Maine d'Angers s'est rouvert. Un Soudanais de 36 ans est jugé pour les meurtres de trois jeunes Atama, Manuolito et Ismaël commis en juillet 2022. Cinq mois après, Petelo Automalo, père d'une des victimes, ne s'attend pas à entendre l'accusé changer de défense.

Publié : 16h01 par Alexis Vellayoudom

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Le procès du triple meurtre à Angers se poursuit aux Assises jusqu'à vendredi.
Crédit : MC

La première audience s'était terminée dans un climat tendu. En octobre dernier, alors que le procès de ce triple meurtre sur l’esplanade Coeur de Maine d'Angers touchait pratiquement à sa fin, une erreur matérielle du président de la cour d'assises de Maine-et-Loire de l'époque, avait valu un renvoi.

Mais ce vendredi 13 mars, nouvelle année, nouveau procès. Une nouvelle présidente Marie-Cécile Thouzeau conduit les débats et des nouveaux jurés ont été tirés au sort. Sur les bancs, plusieurs personnes ont rejoint les parties civiles. En face, Me Valérie Castel-Pagès s'est assise avec la défense aux côtés de Me Charles-Alexis Garo. Seul le box des accusés n'a pas changé. Impassible, Al Khawad Al Zine Sulaymane, un Soudanais de 36 ans, est donc de nouveau jugé pour les meurtres aggravés d'Atama (20 ans), Manuolito (18 ans), et leur ami Ismaël (16 ans), mais aussi pour trois tentatives de meurtres aggravés et deux agressions sexuelles dans la nuit du 15 au 16 juillet 2022. 

 

 « Il essaie toujours de se cacher derrière l'alcool » 

 

En octobre dernier, ils étaient nombreux parmi les victimes à avoir déploré le renvoi de ce procès. "On est fatigué. Ça fait trois ans qu'on souffre. Je ne sais pas quand on va s'arrêter de souffrir", avait confié le père de Manuolito Automalo, l'une des victimes. Ce vendredi, Petelo Automalo est revenu avec son épouse et ses enfants. "Je pense que c'est un peu différent par rapport au premier. Le premier, on découvrait. On ne s'attendait pas à tout ça. Donc là, c'est un peu moins anxiogène pour l'instant, ressent le paternel. Je pense que j'essaie de protéger ma famille un maximum. Je sais que mon épouse, c'est une femme qui est très discrète, mais qui souffre énormément. Pareil pour mes enfants. J'essaie de les protéger."

Lui et sa famille vont devoir se confronter aux mêmes images, les mêmes témoignages et un accusé peu causant. Il y a cinq mois, Al Khawad Al Zine Sulaymane n'avait pas vraiment contribué à faire avancer les débats. S'il reconnaissait les faits, il maintient, depuis toujours, ne plus se souvenir de cette soirée. "Je pense qu'il essaie toujours de se cacher derrière l'alcool et qu'il a toujours tendance à aiguiller tout le monde vers la psychiatrie. C'est sa position et ça restera jusqu'à la fin", commente le père de Manuolito. 

 

 

Mais Petelo est persuadé qu'il ment. "Il sait très bien ce qu'il a fait. En tant qu'ancien militaire, quand je vois sa façon de procéder et sa détermination, c'est quelqu'un qui sait tué. Peut-être qu'il l'avait déjà tué auparavant. Parce que personne ne m'en sait rien. Personne ne sait rien sur son parcours, que ce soit les psychologues ou les psychiatres. Personne ne connaît son histoire. Il raconte tout ce qu'il veut, se désole-t-il. Il avait 1,47 g d'alcool. Ce n'est pas grand-chose. Il y en a qui sont à 3, ils arrivent à conduire. Quand il est reparti, il s'est comporté comme quelqu'un qui n'était pas saoul."

Sa famille espère une condamnation ferme. Présumé innocent Al Khawad Al Zine Sulaymane encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict est attendu le 20 mars.