Hôpital de Laval. En 2023, Caroline Brémaud n'abandonnera pas son combat pour les urgences

Mayenne

11 janvier 2023 à 9h42 par Alexis Vellayoudom

Pour cette rentrée 2023, la cheffe des urgences de l'hôpital de Laval a réagit aux annonce du président de la République et donne la vision de son combat pour 2023.

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Caroline Brémaud, cheffe du service des urgences de l'hôpital de Laval
Crédit: Alexis Vellayoudom

Pas grand-chose à se mettre sous la dent pour les soignants. Vendredi dernier, le président de la République Emmanuel Macron adressait ses voeux de rentrée au personnel de santé. Des annonces étaient attendues. Parmi les choses à retenir, pour la médecine de ville, le recrutement de 6 000 assistants médicaux d'ici la fin 2024. Côté hôpital, le chef de l'état a indiqué son souhaite de sortir de la tarification à l'acte dès la prochaine loi, installer un tandem administratif et médical à la direction des hôpitaux et revoir "l'hyper-rigidité du temps de travail" et des 35 heures d'ici le 1er juin. 

 

Pour Caroline Brémaud, le Président de la République n'a rien annoncé de concret
Crédit: Alexis Vellayoudom

 

Mais pour Caroline Brémaud, cheffe du service des urgences de l'hôpital de Laval, Emmanuel Macron n'a rien annoncé pour faire face aux tensions des urgences partout en France, "j'ai eu l'impression que c'était un discours plutôt pour apaiser la population parce qu'on est partout en grande tension et on appelle la population à nous soutenir et nous aider. Dans le fond, il n'y avait pas grand chose de concret. On ne sait pas trop où est-ce qu'il veut en venir, c'est un petit peu embêtant parce qu'on n'a plus le temps d'attendre. Aujourd'hui, ce qu'on demandait, c'était des mesures claires, un calendrier et des montants, mais ce n'est pas du tout ce qu'on a eu. Je pense que son discours n'était pas utile", souligne la médecin. 

 

"C'est un combat qui va occuper toute ma carrière" - Caroline Brémaud, cheffe du service des urgences de l'hôpital de Laval

 

Depuis plus d'un, Caroline Brémaud est sur tous les fronts, appel à manifester, témoignage au sommet de l'État et bien sûr poursuivre sa mission de soins aux urgences. L'hôpital chevillé au corps, elle est devenue l'un des visages de la colère, mais surtout des médecins urgentistes. Le week-end dernier, elle appelait encore à manifester, "j'aime ce que je fais plus que tout et chaque jour quand je travaille, je rencontre un patient qui me fait dire, c'est pour ces moments-là que je fais ce métier. Et du coup, ça me nourrit, ça me redonne de l'énergie. La manifestation de samedi, j'étais fatiguée, j'avais fait une garde terrible, mais de voir tous ces gens qu'étaient-là, ça m'a ému, et je me suis dit "ouais", faut s'accrocher, faut continuer", raconte la médecin. 

 

En 2023, Caroline Brémaud va poursuivre son combat
Crédit: Alexis Vellayoudom

 

Et malgré une situation qui se dégrade de jour en jour et le manque d'action du gouvernement, qu'elle dénonce, la Mayennaise ne veut pas abandonner son combat : "j'ai cette lucidité de savoir que c'est un combat qui va m'occuper toute ma carrière. Faut pas s'attendre à trop de choses, trop vite parce que je sais ce que c'est la politique. Par exemple, je ne vous dirai pas que je suis déçu des annonces du Président parce que je n'en attendais pas grand-chose. Je savais qu'il allait faire un discours bateau". 

Aux urgences de de l'hôpital de Laval comme ailleurs, l'afflux de patient se poursuit et le service continue de fermer ses portes plusieurs nuits par mois par manque de personnel. Cette semaine, celles de vendredi et dimanche sont concernées.