Hôpital de Mayenne : "il n'y a pas de négociation"

Mayenne 

Pour les opposants au projet de "renforcement des coopérations" entre les hôpitaux de Mayenne et Laval, la concertation menée par l'Agence régionale de santé n'est qu'une simple information incomplète sur l'avenir du CHNM.

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21 septembre 2021 par Coralie Juret

"Le compte n'y est pas" pour Jean-Pierre Le Scornet. "L'ARS n'a pas bougé d'un iota" constate le maire de Mayenne, à la sortie d'une réunion ce lundi 21 septembre avec les élus locaux, au sujet de l'avenir du centre hospitalier de sa ville. 

L'hôpital nord-mayennais est en déficit et l'Agence régionale de santé veut "investir" cet argent dans la modernisation de l'offre médicale en Mayenne, au lieu de "compenser" 5 à 8 millions d'euros chaque année. Les soins immédiats continueraient d'être assurés sur place mais des parcours de santé pourraient être réalisés à l'échelle du département, détaille le directeur de l'ARS Jean-Jacques Coiplet qui veut pour cela "renforcer les coopérations" avec le centre hospitalier de Laval.

2000 personnes avaient manifesté en juillet à Mayenne pour dire non à la fermeture des services de chirurgie conventionnelle et de soins aigus. Le maire Jean-Pierre Le Scornet ne signera pas la future convention en l'état.

Jean-Pierre Le Scornet : "on a un chèque en blanc qui serait à donner à l'ARS"
Crédit: Coralie Juret

L'Agence Régionale de santé se laisse un mois pour "expliquer" son projet de reconquête des patients mayennais, avant de le présenter aux instances des deux hôpitaux le 20 octobre. "Pas du tout une volonté de concerter sur les grands enjeux pour l'hopital de Mayenne", regrette le maire Jean-Pierre Le Scornet.

 

"On n'a pas tout à fait la même notion de concertation"

 

Rencontré hier dans la foulée par le directeur de l'ARS aux côtés des partenaires sociaux, Sébastien Lardeux estime qu'il n'y a "pas de place pour la négociation". Le secrétaire général de Force Ouvrière n'a pas non plus obtenu de réponse sur la prise en charge des 1100 patients opérés chaque année au CHNM, après la fermeture projetée du service.

Le message de Jean Jacques Coiplet se veut pourtant "positif" : une disparition de l'hôpital nord-mayennais n'est pas d'actualité, même s'il ne peut pas plus y avoir de statu quo martèle le patron de l'Agence régionale de santé.

Jean-Jacques Coiplet : "notre projet c'est le renforcement de l'action territoriale"
Crédit: Coralie Juret

Le futur contrat d'engagement pour les trois prochaines années prévoit donc toujours des transferts de services vers l'hôpital de Laval, et des contreparties pas encore définies. L'ARS évoque un renforcement des soins palliatifs, de la santé mentale ou de la chimio à Mayenne, des compensations pour le médico-social, les personnes âgées ou handicapées, et l'hospitalisation de jour au CHNM, et "pas de pertes d'emplois".

Dans les hopitaux de Mayenne et Laval, 8 groupes de travail thématiques (sur les différents services et spécialités) ont déjà commencé à faire des propositions au cours de deux séances de 2h, ils se réuniront à nouveau cette semaine. Une rencontre est aussi prévue le 8 octobre entre l'Agence régionale de santé et les parlementaires mayennais.

Derrière ce "renforcement des partenariats" avec le centre hospitalier de Laval se dessine un projet beaucoup plus vaste de réorganisation des soins hospitaliers en Mayenne, qui implique aussi Château-Gontier lors d'une "deuxième étape", "sans renier les liens avec Angers", tient à rassurer Jean-Jacques Coiplet. L'Agence régionale de santé espère ainsi attirer des médecins et récupérer le tiers de Mayennais qui se fait soigner hors du département.